Accueil
Bienvenue sur la page d'accueil
Bienvenue sur le site de Pierre Bruno

 

Discriminations et inégalités sociales dans les littératures, médias et cultures juvéniles

La littérature pour la jeunesse classique ou contemporaine (comme Jules Verne ou Marie-Aude Murail), les productions des groupes de communication ou les succès médiatiques contemporains (comme Harry Potter ou les Astérix) ne cessent de véhiculer des représentations biaisées des individus et des relations sociales qui les unissent. Ces représentations ne sont pas homogènes et, selon l’investissement financier des familles, des biens plus ou moins coûteux et des modèles inégalement valorisants seront proposés aux enfants ou aux adolescents.

 

De la critique...

Alors que l’évaluation, la médiatisation et la dénonciation de ces biais sont aujourd’hui bien sélectives, ce site vise à sensibiliser les différents médiateurs culturels de la jeunesse (bibliothécaires, enseignants, parents…) à la permanence comme aux mutations de ces représentations mais aussi, plus largement, à celles des logiques distinctives au sein des cultures juvéniles. L’analyse des biens culturels destinés à la jeunesse (et tout particulièrement ceux produits par les grands groupes multimédias comme Disney) met en effet à mal l’existence même d’une « culture jeune », source d’espoir ou de crainte, transcendant les clivages sociaux préalables. Au contraire l’approche critique présentée sur ce site tend à témoigner de la permanence des discriminations comme de la hiérarchisation continue des publics, des pratiques et des médias pour la jeunesse.

 

... à la métacritique


Désormais l’étude des biens et des pratiques ne saurait suffire. La critique, aujourd’hui en déclin, doit devenir métacritique. Il lui faut réfléchir sur ses propres limites scientifiques, sur les variables politiques, économiques ou sociologiques qui lui sont défavorables et, plus que tout peut-être, sur ses instrumentalisations possibles ou ses applications sélectives. Il est aisé - trop peut-être - de s’accorder sur le sexisme de la littérature « de masse » comme sur le racisme et l'antisémitisme des auteurs patrimoniaux. Mais d'autres stéréotypes (comme le racisme social), d'autres auteurs ou éditeurs (plus influents), peuvent sembler bénéficier d'une certaine bienveillance voire d'une réelle complaisance - et l'intérêt premier de la critique est sans doute de permettre, par la confrontation au texte, de nous mettre face à nos propres préjugés, complaisances et contradictions.

 

Nouveaux corpus, nouvelles problématiques...

Car l'étude des biens n'a pas pour finalité de séparer le bon grain de l'ivraie, de distinguer la « bonne » littérature pour la jeunesse de la « mauvaise » ou d'attacher les œuvres au lit de Procuste d'une lecture « idéologique » réductrice. Elle doit aussi - surtout - chercher à changer le monde par des applications concrètes et, dans l'avenir, développer les actions en étroite collaboration avec les chercheurs qui étudient l'évolution des inégalités (de leur réalité comme de leur représentation). Il est ainsi aisé de constater le décalage profond, choquant, entre notre connaissance étendue des logiques par lesquelles l’École reproduit et amplifie les inégalités sociales et l'image de ce propre système scolaire dans les biens consommés par les jeunes et leurs familles. Il ne s'agit plus aujourd'hui de lutter contre les seules représentations archaïques et régressives des groupes dominés (même si celles-ci sont encore beaucoup plus prégnantes qu'on le suppose souvent) mais aussi contre cette inégale diffusion des acquis de la science, ce monopole des savoirs.


Le décalage entre le développement marchand de la littérature pour la jeunesse et la crise de ses institutions critiques, la crise du militantisme des enseignants de français au moment où des représentations simplistes de leur discipline rencontrent une large audience (La journée de la jupe), l’accroissement des inégalités au sein de la jeunesse alors que se multiplient les études valorisant la créativité des individus et récusant toute contrainte extérieure… autant de raisons de souhaiter un renouveau de la pensée critique et de nous interroger sur les savoirs à acquérir, les compétences à diffuser et les actions à mener.



Pierre Bruno

 

Actualités :

 

 

 

 

Homoparentalités, NVL, n°202, déc.2014

Face au sexisme, NVL, n°198, déc. 2013

Penser – et combattre – les inégalités, Le Français aujourd'hui, n°183, déc. 2013

Penser – et combattre – les inégalités (II), Le Français aujourd'hui, n°185, juin. 2014

 

 

 

 

 


 

 

 


 

 

 

 
Zovirax